En septembre 2026, le canal de Binh Luc, en Chine, entrera officiellement en service commercial, avec plus de 10 milliards de dollars d’investissement et une ambition de taille : redessiner la carte logistique du sud-ouest de la Chine. Un canal, mais l’histoire qui se cache derrière est loin d’être aussi « tranquille » que son nom le laisse entendre. Alors que les flux de marchandises se voient offrir une nouvelle voie d’accès vers la baie du Tonkin, les distances géographiques peuvent s’accourcir, mais les enjeux géoéconomiques semblent, quant à eux, s’allonger.

Pour la Chine, les avantages sont évidents : raccourcir les trajets de transport, renforcer la connectivité du sud-ouest du pays et ouvrir une nouvelle porte d’accès à la mer. Pour l’ANASE, dont fait partie le Vietnam, ce nouveau flux pourrait créer de nouvelles opportunités commerciales, de transit et de connexion au sein de la chaîne d’approvisionnement. Mais comme le dit un proverbe chinois : « Le bonheur et le malheur vont de pair »; le malheur et le bonheur s’appuient souvent l’un sur l’autre. Une nouvelle voie de transport peut à la fois acheminer davantage de marchandises et obliger les ports maritimes et les réseaux logistiques de la région à redéfinir leur position.
Le drame réside dans le fait que non seulement l’eau suit le relief, mais que les marchandises affluent également vers les endroits où les coûts sont bas, les délais courts et les infrastructures pratiques. Binh Luc n’est donc pas simplement un projet d’aménagement hydraulique ou de transport. Il s’apparente à un pion majeur placé sur l’échiquier logistique de l’Asie du Sud-Est. Le Vietnam pourrait avoir l’occasion d’accueillir un flux commercial supplémentaire, mais il devra également faire face à la nécessité de moderniser ses ports maritimes, ses voies ferrées, ses routes et ses capacités logistiques. L’« occasion » deviendra-t-elle un avantage ou le « défi » se transformera-t-il en pression? En fin de compte,










